Célébration des 160 Ans d'Évangélisation continue du Benin et des 10 ans de l'Exhortation Apostolique "Africae Munus"

Célébration des 160 Ans d'Évangélisation continue du Benin et des 10 ans de l'Exhortation Apostolique "Africae Munus"

De l’amour de la justice à la justice de l’amour : Analyse de Lc 19, 1-10 et ses implications pour l’Eglise en Afrique et la Société africaine (cf. Africae munus n°25).

Animée par père Guy BOGNON, cette conférence est la toute dernière prévue dans le cadre de ce colloque. Elle a eu essentiellement pour objectif de nous faire apprécier à sa juste valeur, l’importance pour l’Eglise en Afrique, de passer de l’amour d’une justice parfois arbitraire et sans amour, à la justice de l’amour. Cette nouvelle forme de justice pouvant être perçue comme la crème de l’Evangile.

Père BOGNON, de main de maître, a consacré la première des trois parties de sa communication à une étude exégétique de Lc 19, 1-10.  Il y décrit la façon concrète de réaliser la justice dans l’amour, en se laissant éclairer par l’attitude miséricordieuse de Jésus à l’égard de Zachée, cet homme qui n’avait pas bonne presse dans sa société. Rapprochant cet épisode de beaucoup d’autres extraits de Luc, comme par exemple celui de la femme aux mœurs légères (cf. Lc 7, 39) et celui du pharisien et du publicain (cf. Lc 18, 9-14), il met en relief le caractère exquis de la justice apportée par Jésus. Dans la deuxième partie, il souligne que cette justice porte à la perfection, la justice humaine limitée et imparfaite du fait de son refus de se laisser éclairer par l’amour incarné par Jésus. C’est une justice qui renvoie précisément l’accusateur à lui-même, comme un injuste ayant besoin de repentir et de miséricorde, lui faisant prendre conscience de sa propre indigence, de son propre besoin du pardon et de l’amitié de Dieu. Cette nouvelle justice, exigeante, et requérant beaucoup d’humilité, exprime en définitive la bonté de Jésus à l’égard de tout homme. Apparaissant comme une forme de non-violence, elle est une voie sûre de la réconciliation – réconciliation avec Dieu, avec autrui et avec soi -, qui favorise la paix. Elle est exigée de tout disciple du Christ. C’est bien d’elle que se sont armés les missionnaires, venus nous apporter la foi au Dieu de Jésus-Christ, nous invitant aussi à en faire la source d’inspiration de tous nos actes. Les implications de cette justice de l’amour pour notre Eglise locale se laissent aisément deviner. C’est celles-ci qui ont fait l’objet de la troisième partie du propos de notre communicateur. Ce dernier y montre concrètement combien cette justice apportée par Jésus devrait motiver la sortie de notre Eglise locale vers les périphéries. C’est dans ces lieux que celle-ci retrouve des personnes qui ont encore besoin du témoignage de notre amour au sens paulinien du terme (cf. 1Co 13), des personnes qui ont encore besoin que notre Eglise leur présente le visage miséricordieux de Jésus-Christ. Il finit par des propositions concrètes pouvant être prises en compte pour la réalisation de cette justice de l’amour dans notre Eglise locale.

Par le Grand Séminaire Saint-Gall de Ouidah