PARAGUAY : La Journée Mondiale des Missions, un soutien concret à la mission
Pour certaines Églises qui vivent dans des territoires caractérisés par de grandes distances, des infrastructures limitées et des ressources locales encore insuffisantes, le soutien de la Journée Mondiale des Missions représente bien plus qu’une contribution financière : il constitue une condition concrète permettant à la mission de se poursuivre. C’est ce qui ressort du témoignage de l’évêque de Pilcomayo au Paraguay, le Père Miguel Fritz, O.M.I., qui décrit avec clarté la situation économique et pastorale de son Vicariat. « La Journée Mondiale des Missions est essentielle pour nous », affirme-t-il, en expliquant que le Vicariat ne dispose pas encore d’une source sûre de revenus provenant du territoire et dépend donc dans une large mesure des dons provenant de l’extérieur. Cette contribution est intégrée aux ressources générales du Vicariat et sert à couvrir les besoins ordinaires de la mission. Il s’agit notamment du personnel engagé dans les activités pastorales, de la gestion du bureau d’Asunción et, surtout, de l’entretien des véhicules nécessaires pour rejoindre les communautés. « Nous sommes très reconnaissants pour cette contribution », explique l’évêque de Pilcomayo, soulignant que ces ressources permettent de faire face à des dépenses qui, dans un territoire aussi vaste, représentent une charge considérable.
Parcourir des milliers de kilomètres pour rejoindre les communautés
L’un des aspects les plus significatifs de ce témoignage concerne les déplacements. La présence missionnaire exige en effet de nombreux voyages pour rejoindre des communautés souvent éloignées et difficiles d’accès. « Nos plus grandes dépenses sont celles liées à nos déplacements », raconte le missionnaire, précisant qu’il parcourt en moyenne 3 500 à 4 000 kilomètres par mois. À cela s’ajoutent les difficultés liées au réseau routier : certaines communautés se trouvent dans des zones où les routes ne sont pas encore asphaltées, avec des conséquences importantes sur l’entretien des véhicules. Le coût des déplacements et de l’entretien des moyens de transport devient ainsi une composante essentielle de la vie pastorale. Sans moyens de transport adaptés, il devient difficile de rejoindre les personnes et d’assurer une présence stable dans les communautés.
Du soutien financier à la présence pastorale
Le témoignage met particulièrement en évidence le lien entre le soutien reçu et la possibilité concrète d’accomplir la mission. Le soutien de la Journée Mondiale des Missions ne sert pas seulement à financer des structures ou des dépenses de fonctionnement, mais permet aux missionnaires d’être présents là où les communautés ont besoin d’eux. « Si nous n’avions pas cette aide, nous pourrions faire moins de voyages et donc offrir moins d’assistance aux communautés, célébrer moins de Messes, moins de célébrations et moins de sacrements », affirme-t-il. Ces paroles font ressortir avec une particulière clarté le sens de la solidarité missionnaire : une aide financière devient concrètement une possibilité de rencontre, de célébration, d’accompagnement et d’annonce de l’Évangile.
Construire aujourd’hui l’Église de demain
Le témoignage se conclut par un regard tourné vers l’avenir. Le soutien provenant de l’extérieur est considéré comme nécessaire non seulement pour garantir les activités quotidiennes, mais aussi pour poursuivre le processus de croissance de l’Église locale. « Avec cette aide, nous pouvons continuer à construire l’Église et, un jour, parvenir à avoir une Église diocésaine », conclut l’évêque Fritz.
À cet égard, le témoignage offre une perspective très concrète sur la signification de la Journée Mondiale des Missions : le soutien à la mission devient présence sur le territoire, proximité avec les communautés et possibilité concrète d’annoncer et de célébrer l’Évangile.
La Journée Mondiale des Missions n’est pas seulement une collecte de fonds. Elle est une expression de la communion entre les Églises et de la coresponsabilité missionnaire, grâce à laquelle des communautés géographiquement éloignées peuvent participer concrètement à la vie et à la croissance de l’Église dans d’autres parties du monde.